Arpentage photographique

Révolution pacifique en Pays d’Auge – Patrice Le Bris

Une photo par jour, du 1er janvier au 31 décembre 2010. Une boucle autour de mon domicile, en progressant de cent mètres chaque jour. Soit 365 photos réalisées au fil des saisons, sur un parcours total de 36,5 kilomètres.(…) Les communes traversées devraient être Gonneville-sur-Honfleur, Fourneville, Le Theil-en-Auge, Quetteville, Beuzeville, Manneville-la-Raoult, Équainville, Fiquefleur, Ablon, La Rivière Saint-Sauveur, Genneville.    

Kilomètre 0,7  – Deux bœufs ?

Jeudi 7 janvier 2010 – 12 :54
Départementale 277, Gonneville-sur-honfleur
Latitude Nord 49°22.560’ – Longitude Est 0°15.491’
0°C – Quelques éclaircies – Vent très faible de sud-est

 

© Patrice Le Bris   

Il a à nouveau neigé la nuit dernière. La hauteur de neige cumulée atteint trente centimètres. Qu’un rayon de soleil éclaire le paysage et, soudain, on traverse un paysage de dessin animé. Ou une de ces peintures naïves qui autrefois, à Noël, ornaient les boîtes de chocolats bon marché.    

Vais-je faire du livre “Errance” de Raymond Depardon mon viatique ?… Errer, note-t-il, “c’est aller çà et là”… c’est-à-dire le contraire du travail que j’ai entrepris ! Néanmoins sa vision de la photographie, ses réflexions et ses interrogations sont pour moi une source intarissable d’inspiration. Je suis un fil, vais d’un endroit précis, seulement repéré géographiquement, à un autre lieu déterminé. C’est la contrainte que je me suis fixée : arriver chaque jour dans un lieu où il n’y a probablement rien d’extraordinaire. Il faut aiguiser le regard. Un bon stage de remise à niveau quand le numérique incite à déclencher à tout va. Je décide de noter le nombre des déclenchements quotidiens.    

Focalisé sur les bovins, figés dans un garde-à-vous (prêts à foncer ?), je n’avais pas vu le saule derrière eux et dont le branchage roux, dans la blancheur, fait écho aux zones rousses du pelage des animaux.    

kilomètre 1,6 – Sombres chanteuses

Samedi 16 janvier 2010 – 12 :40
Route sans nom, Gonneville-sur-Honfleur
Latitude Nord 49°22.686’ – Longitude Est 0°14.952’
6°C – Averses – Vent de sud
 

   

© Patrice Le Bris   

Il pleut / C’est malheureux, il pleut / Depuis ce matin”.
J’ai dans la tête cette chanson d’Émilie Simon quand j’entends à la radio “Sombre dimanche” dans une version qui n’est pas celle de Claire Diterzi que je connais (la version, pas Claire Diterzi).   

Il pleut tant que je dois me réfugier contre le mur en bois d’un  atelier de menuiserie. La paroi en bois gris, lacérée de vigne vierge, est intéressante. Protégeant mon matériel du mieux possible, le nez littéralement collé au sujet, je rencontre de bien curieuses créatures.    

“Il y a aussi les jours sans soleil, les jours gris, mais là encore il me faudra sourire et aimer la patience”, Raymond Depardon, “Errance”.    

Je n’ai rien contre la pluie.
Le mauvais temps est un temps qui dure.
Et j’aime les chanteuses mélancoliques.
    

Kilomètre 2,1 – Quelle est la mission ?

Jeudi 21 janvier 2010 – 13 :33
Route sans nom, Gonneville-sur-Honfleur
N 49°22.806’ – E 0°14.635’
9°C – Belles éclaircies  – Très léger vent de sud-ouest

© Patrice Le Bris – 7 1/2 286  « …être en mission… » Que faut-il lire : 71/2286 ou 7 1/2 286 ? Dans le premier cas, 2286 serait un millésime ? Oui, mais alors 71 ? À moins qu’il ne faille lire 7.1/2286… 7 janvier 2286 ? Message laissé par un voyageur venu du futur qui serait passé par là au cours d’une quelconque mission ? Il y aurait perdu ou abandonné, sciemment ou non, ces éléments ? Supposons qu’il (ou elle) les ai perdus : il y aurait donc encore une place en 2286 pour les têtes en l’air, fussent-ils messagers en mission spéciale. Deuxième hypothèse : le voyageur aurait abandonné ces éléments dans le fossé comme un vulgaire pollueur du 21e siècle. Hypothèse non rassurante : au 23e siècle, l’homme (si notre homme est un homme, ou une femme bien entendu) n’aurait donc pas progressé dans le respect de la nature. Mais, hypothèse paradoxalement rassurante si l’on considère que l’homme (si notre homme est un homme…) est toujours vivant malgré cette absence de progrès. Enfin, troisième hypothèse : l’abandon volontaire de ce message à destination du premier terrien venu, moi en l’occurrence. Me v’la bien ! « Quelle est la mission ? »*, demanderait Alain, le chanteur, pas le philosophe. « Soldat sans joie / va, déguerpis / l’amour t’a faussé compagnie »*. 7 1/2 286, un numéro de matricule ? Mission échouée – soldat déguerpi – amour faussé compagnie – feuille de route au fossé.

*Alin Bashung, Fantaisie militaire (un summum !)

Kilomètre 2,5 – Trogne 

Mardi 26 janvier 2010 – 12 :52
Route sans nom, Gonneville-sur-Honfleur

N 49°22.688’ – E 0°14.464’
3°C – Couvert  – Vent de nord-est

© Patrice Le Bris
Cortège de têtards de chênes précédé d’une trogne parasite.
Trogne bougonne, face bouffie, tavelée, regard évidé.
Gardien sentinelle d’une troupe hirsute.

Chaque jour, je relève la température avant de partir ou à mon retour. Sur la plaine, le vent est plus soutenu et, dans l’air saturé d’humidité, mes légers gants de cuir ne suffisent pas à me protéger du froid. Je dois malgré tout les enlever pour changer d’objectif. Au bout d’une heure à errer dans une grande prairie – je dois faire deux photos aujourd’hui – je ne sens plus mes doigts.

Kilomètre 3,4 – Hors de portée

Mercredi 3 février 2010 – 13 :36
Départementale 144A, Route du Vieux Bourg, Gonneville-sur-Honfleur
Latitude Nord 49°22.431’ – Longitude Est 0°14.011’
10°C – Couvert – Vent d’ouest

© Patrice Le Bris – Vers le nord, la prairie et les bovins, déjà photographiés hier. Sans bottes, les abords sont impraticables. Du talus envahi de ronces, j’évalue un sujet potentiel : quelques cuves en métal servent d’abreuvoir au pied de deux pylônes en béton, au milieu de la boue. De l’autre côté de la route, vers le sud, la clôture d’une prairie, bien humide mais praticable, est ouverte. Je jauge l’endroit, perplexe, et y pénètre. À ma gauche, une haie derrière laquelle se trouvent les trois ânes d’avant-hier, à ma droite, des chaumes de maïs. Aller voir plus loin, au bout de ce champ. Deux cents mètres environ. Une sortie sur la gauche donne sur un grand tas de terre. Au sommet, une sommaire  structure en bambou: quatre tiges verticales d’une hauteur de plus d’un mètre aux sommets reliés par quatre tiges horizontales. Au loin, une reproduction autoroutière du pont de Normandie. Faire un clin d’œil entre ces deux ouvrages d’art ? Ouvrage d’art et land art ! Au loin passe trois câbles de cette ligne électrique déjà photographiée il y a dix jours. Ce jour-là, j’ai vainement attendu les oiseaux. Aujourd’hui, alors que je cherche un cadrage entre la structure en bambou et les câbles, des étourneaux traversent le cadre en piaillant. En triant ma moisson du jour, les câbles sont devenus portée musicale et les tâches noires des oiseaux notes de musique. Il y avait parfois des notes sur la portée. J’ai préférée cette photo, cette flopée d’oiseaux libres de toute partition. Une échappée d’oiseaux, hors de portée !

Kilomètre 4,0 – Nuit américaine

Mardi 9 février 2010 – 14 :24
Départementale 144A, Route du Vieux Bourg, Gonneville-sur-Honfleur
Latitude Nord 49°22.311’ – Longitude Est 0°13.770’
2°C – Eclaircies fugaces – Vent soutenu de nord-est

© Patrice Le Bris – Ça commence mal. Impossible de ma garer au kilomètre 4. Je pousse jusqu’au carrefour avec la départementale 289, cent mètres plus loin, me gare sur le bas-côté et, le mieux étant l’ennemi du bien, je fignole et bloque mes deux roues avant dans une ornière transversale. L’endroit est détrempé et je n’arrive plus à en sortir. Je me souviens avoir des cartons dans mon coffre, les dispose à l’avant des roues, tente de me dégager, en vain… Je tente une marche arrière sans plus de succès. Très rapidement, une voiture s’arrête et son conducteur propose de me pousser. J’ai bien peur de lui projeter des giclées de boue mais il insiste. Nous n’arrivons à rien. Il pense avoir une sangle. Nous cherchons un moment les crochets de fixation de son véhicule. La manœuvre est un succès. Je le remercie très chaleureusement. Il me semble pressé et je ne veux pas le retarder. Il a le temps de m’expliquer que lors de l’épisode récent de neige, il s’est trouvé bloqué à ce même carrefour et qu’il aurait été bien content de pouvoir compter sur un conducteur serviable… Mes cartons ne sont plus que des paquets de boue ; si je les embarque, je vais en mettre partout. Pas fier de moi, je les abandonne sur le bas-côté et vais me garer un peu plus loin sur le parking du producteur de pommes… où il y a une grande poubelle ! Je retourne à pied chercher mes cartons et, enfin, je pars explorer le kilomètre 4. D’un côté le verger déjà visité et de l’autre, une bande en friche entre la départementale et les grillages de protection de l’autoroute A19. Un no man’s land difficilement pénétrable de ronces et d’arbustes touffus, au sol jonché de bouteilles, d’emballages divers. Je tente les détritus, les branchages, une mare gelée au fond tapissée de feuilles mortes, un peuplier situé à une vingtaine de mètres au travers des branches. Vers le sud, les nuages défilent rapidement. Je déclenche en rafale, au jugé, effectuant de rapides changements de vitesse pour capter les apparitions d’un soleil blafard.

Kilomètre 4,1 – Monarchie constitutionnelle

Mercredi 10 février 2010 – 13 :51
Départementale 144A, Route du Vieux Bourg, Gonneville-sur-Honfleur
Latitude Nord 49°22.194’ – Longitude Est 0°13.737’
3°C – Averses de neige – Vent fort de nord

© Patrice Le Bris – Retour au verger. Dix ruches sont installées juste derrière la clôture qui fait face au carrefour. Trois d’entre elles présentent une façade ouvragée : un fronton d’église, une maison à colombages et… l’assemblée nationale ! Vue de face, elle penche sérieusement à droite, sur sa gauche donc. L’alternance, une question de point de vue ? Bref, elle se casse la gueule. Mauvais présage pour la démocratie ! Toutes les occupantes hiberneraient du même côté ? Quoiqu’il se passe à l’intérieur, une assemblée est un curieux symbole pour une ruche gouvernée par une reine. Une monarchie constitutionnelle en quelque sorte.

Kilomètre 5,1 – Higgins

Vendredi 19 février 2010 – 17 :00
Route de Honfleur
Latitude Nord 49°21.738’ – Longitude Est 0°13.690’
6°C – Belles éclaircies –  Léger vent de sud-ouest

© Patrice Le Bris – Je pensais être tranquille. Des gens débitent du bois sur le terrain. Le bouc approché hier est-il toujours là ? Je l’aperçois de loin. Je demande à l’une des femmes si le bouc leur appartient et quel est son nom. Elle ne pense pas qu’il ait un nom, il a juste été sauvé de l’abattoir par la propriétaire qui habite la parcelle voisine. Très calme, l’animal se laisse approcher. Pas toujours aussi calme selon la femme. Concentré sur mon sujet, je dois néanmoins surveiller Higgins, un petit chien teigneux. Dans la série américaine Magnum, Jonathan Quayle Higgins III, partage avec Thomas Magnum, le domaine gagné par ce dernier à l’issue d’un pari avec un auteur à succès. Higgins, majordome britannique, ancien de l’armée des Indes, supporte mal la décontraction de Magnum et lui rend la vie difficile avec ses deux dobermans, Zeus et Apollon. Rien à voir avec le petit roquet qui reluque mes mollets.

A suivre…

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commentaires
  1. ROCHER dit :

    Quelle bonne idée! je trouve cette ballade délicieuse avec arrêt sur image et sur impressions.
    Comme quoi, il suffit d’aller autour de chez soi pour trouver le beau, l’insolite, l’émouvant, l’inattendu… Il suffit seulement d’ouvrir ses yeux et ses oreilles pour trouver des merveilles dans ce qui nous entoure.
    Tu as la chance de résider en basse Normandie, région charmeuse par excellence mais certaines cités en région parisienne prises sous un certain angle avec la bonne lumière peuvent être etonnement belles…
    Je regarderai avec attention la suite du calendrier normand…
    Bien à toi.

  2. fabrice dit :

    Salut
    enregistré dans mes favoris
    je ne savais pas que tu étais aussi callé sur Magnum.
    A+
    Fabrcie

  3. Sylvaine dit :

    Cette balade nous permet de nous évader quand nous ne prenons pas le temps d’observer le monde autour nous…
    Dommage, nous passons à côte de la vie..

    Mes amitiés à toi et ta petite famille.

    • Eh oui, prendre le temps, du bon temps, prendre le temps comme il vient… Regarder, contempler… « Ecouter les arbres » (je ne sais plus qui a dit cela, mais j’y souscrit !)
      Bises à tous les 2
      Patrice

  4. Sylvaine dit :

    Merveilleux…

  5. Anthony dit :

    Salut,

    je salue la fraicheur de ce concept, c’est tout bonnement excellent.
    Attention cela risque d’être addictif 🙂
    Tu descendras jusques notre « Chez nous » ? 🙂
    A bientôt
    Amicalement

  6. France dit :

    Les photos sont simples mais magiques, les couleurs, les zoom, ce qu’on peut voir d’une façon banale est saisi d’une façon singulière. Le texte est un régal à lire…
    Site bien entendu enregistré dans mes favoris … je contemple les photos… waouh quelle maîtrise !
    France

  7. Non d’un petit bonhomme… La boite mail explose! Bravo encore Patrice et merci de dynamiser ce blog des Z’Ateliers.

    Merci aussi de changer notre regard sur les choses. Depuis une semaine qu’il pleut, qu’ il vente, je commençais presque à regretter de ne pas habiter plus sud… Mais finalement, à bien y réfléchir… Tiens, un rayon de gris clair… J’enfile mes bottes et je sors! A tout à l’heure.
    Vanessa

    • Chère Vanessa
      T’as raison, quelle pluie ! Le sol autour de la maison est en Spontex gorgé d’eau (en moins abrasif tout de même). Moi cela ne medérange pas puisque j’aime la pluie mais mes pauvres chèvres pataugent ! Elles doivent rêver de rochers et/ou de désert.
      J’aime bien ton « rayon de gris clair » !
      Ceci dit, ce matin de vendredi, la lumière est superbe sur ma vallée !
      Bises

  8. Guilaine dit :

    Salut Patrice, Magnifiques photos qu’ on ne se lasse pas de regarder avec des commentaires tout aussi intéressant. Vivement la suite… Bisous

  9. Michel dit :

    Bravo pour ce concept dont tu m’as parlé…

    Et voila les premiers clichés, avec le caractére imposé de ce travail, beau-temps ou mauvais temps, tu te dois d’être dehors, dans un de ces points qui gravitent autour de ton domicile.

    Balade imposée qui deviendra balade plaisir pour les uns, regard différent du commun des mortels pour certains, ou oeil averti pour d’autres.

    Faire paraitre et aparaitre suivant ses sentiments du jour ses alentours.

    J’y passerai de « temps en temps ».

    Amicalement

  10. Pascal V dit :

    Salut Patrice

    D’où t’es venu cette idée géniale? Crois moi si tu veux mais je songeais justement à Alain (le philosophe) quand tu y as fait allusion. Même démarche en somme dans ses propos quotidiens. Même générosité dans cette envie de partage. Et dans les deux cas, même puissance dans l’essentiel.

    Vivement la suite (dommage que ce ne soit pas tous les jours).

    Bonjour à Pascal R.

    • Bonjour Pascal
      L’idée m’est venue une nuit d’insomnie, une nuit de pleine lune je crois, de celles qui font rimer agitation et cogitation.
      Pour être tout à fait franc je n’ai pas beaucoup de souvenirs des propos d’Alain, mais je suis très flatté. Par ailleurs, il m’arrive de croire à la télépathie…
      Ce qui guide mon travail est une phrase tirée d' »Errance » de Raymond Depardon dont tout le travail m’inspire :
      « je veux me confronter aux lumières, aux hasards, forcer ma curiosité, m’ouvrir, briser mes idées reçues, exorciser cette peur du monde ». Je me reconnais totalement dans cette citation.
      A propos de partage, j’ai fait aujourd’hui une rencontre intéressante : visite guidée improvisée d’un très joli cimetière par un conseiller municipal du village qui aime cet endroit. A suivre donc…
      Amitiés

  11. Nathalie F dit :

    Bonjour Patrice,

    Quelle merveilleuse idée de ce parcours au plus près du quotidien, et pourtant ces alentours connus deviennent si insolites dès que l’on aiguise son regard.
    Je suis avec plaisir l’évolution de ton travail au gré de tes mails.
    Je ne désespère pas de t’accueillir un jour pour une expo photos en Loire-Atlantique.
    Bises à toi et à Juliette et Sabrina,

    Nathalie

    • Bonsoir Natahlie
      Quel plaisir d’avoir de tes nouvelles et tes critiques via ce blog !
      L’objectif est bien d’exposer ce travail.
      Alors une expo en Loire-Atlanique, je dis 3 fois oui !
      Bises à toute la famille.
      Patrice

  12. Pascal V dit :

    Et une publication ?… Je participe dès le lancement de la souscription.

  13. Fatima CHATI dit :

    Salut Patrice,

    Magnifiques photos avec de beau commentaires trés intéressant, et c’est une superbe Balade à travers les photos j’aime la magnifique photo de la chévre.

    C’est géniale!!!!!

    J’ais hate de voir la suite… Bisous à tous

    Fatima CHATI

  14. Daniel DONIN de ROSIERE dit :

    Bonjour Patrice ,
    C’est vraiment génial de faire attention à toutes ces belles choses , comme vous , vous savez le faire !
    Cordialement :
    Daniel Donin de Rosiere .
    ( Le tracteur Vierzon qui a été à Honfleur le 3 avril 2010 pour notre grand Jacques … )
    daniel.donin.de.rosiere@live.fr

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